Près de 100 % des Canadiens peuvent maintenant recycler les emballages de papier et de carton

Les Canadiens ne peuvent plus dire qu’ils aimeraient bien recycler leurs vieilles boîtes de carton, mais que c’est impossible de le faire dans leur localité.

Aujourd’hui, le recyclage du carton, des boîtes de carton ondulé et des sacs de papier kraft est facilement accessible à pratiquement tous les Canadiens. Selon les calculs de l’entreprise indépendante CM Consulting, 96 % des Canadiens ont accès au recyclage des caisses en carton ondulé et du papier kraft et 94 % d’entre eux peuvent recycler le carton pour boîtes. Ce pourcentage a augmenté depuis une étude antérieure de l’industrie du papier, qui situait l’accès au recyclage entre 83 % et 85 %.

Selon John Mullinder, qui dirige le Conseil de l’environnement des emballages de papier et de carton (CEEPC), « cela signifie que les Canadiens n’ont plus d’excuses pour mettre les boîtes de carton au rebut. Elles n’ont pas leur place dans les dépotoirs et nous en avons par ailleurs besoin pour fabriquer de nouveaux emballages. La plupart des nouvelles boîtes fabriquées au Canada, dit-il, se composent de matières recyclées à 100 % qui proviennent des emballages récupérés après usage dans les usines et les supermarchés ou dans les boîtes bleues et les centres de recyclage ».

Il y a une quarantaine d’années, les seuls emballages de papier et de carton qui étaient récupérés au Canada étaient les vieilles boîtes de carton ondulé qui avaient servi à livrer de la marchandise aux usines et aux supermarchés. Lorsque l’approvisionnement en boîtes de carton est devenu plus difficile, les usines de recyclage ont commencé à chercher d’autres sources de fibres de papier, ce qui les a amenées à faire pression sur les municipalités pour qu’elles ajoutent la collecte des vieux emballages de carton ondulé auprès des ménages. Puis, au début des années 1990, le CEEPC et un petit groupe de clients ont ouvert la voie au recyclage du vieux carton pour boîtes (c’est-à-dire les boîtes à céréales ou à chaussures) en Amérique du Nord. Il s’agit également de contenu recyclé à 100 % normalement, qui peut être mélangé avec des vieilles boîtes de carton ondulé pour fabriquer de nouveaux emballages en papier.

« Bien que nous utilisions du vieux carton ondulé pour fabriquer de nouvelles boîtes depuis des années, dit Mullinder, nous sommes particulièrement fiers de nos efforts pour détourner le vieux carton pour boîtes des sites d’enfouissement. Dans un laps de temps relativement court, nous sommes passés d’un accès public nul au recyclage dans une seule province (l’Ontario) à un accès presque total partout au pays.

Ce que l’industrie veut vraiment maintenant, ajoute-t-il, c’est que les Canadiens s’assurent de tirer pleinement parti des possibilités de recyclage qui leur sont offertes. Nous avons besoin de cette matière pour faire de nouvelles boîtes. Il ne faut pas la gaspiller. »

Pionnier du recyclage du carton pour boîtes

Le secteur canadien des emballages de papier et de carton a grand besoin de matières recyclées pour fabriquer les emballages que ses clients utilisent pour expédier leurs différents produits. Les vieux emballages à recycler proviennent principalement de source résidentielle (boîtes bleues). Cependant, il arrive souvent qu’on ajoute également d’autres fibres usagées au mélange, notamment du papier impression et écriture récupéré dans les bureaux, des caisses en carton ondulé de source industrielle et résidentielle ainsi que des vieux journaux.

Au début des années 1990, la plupart des boîtes de carton (boîtes de céréales, boîtes à chaussures) étaient envoyées directement au dépotoir après usage. Le Conseil de l’environnement des emballages de papier et de carton (CEEPC) et certains consommateurs clés ont cependant décidé d’explorer la possibilité de réutiliser ces emballages habituellement composés à 100 % de fibres recyclées. Personne en Amérique du Nord n’avait encore tenté cette expérience.

Le CEEPC a coordonné des essais avec plusieurs usines et municipalités de l’Ontario et s’est assuré que le carton issu de ces essais répondait aux exigences des consommateurs et aux normes sanitaires. Dans la plupart des cas, on mélangeait du vieux carton pour boîtes avec des caisses en carton ondulé usagées pour fabriquer de nouvelles boîtes de carton ondulé. À mesure que les usines et les clients se sont habitués à cette nouvelle source de fibres, d’autres municipalités, dont Toronto, ont été invitées à participer à cet effort de recyclage. La nouvelle s’est répandue et des municipalités de l’extérieur de l’Ontario ont avant longtemps elles aussi ajouté le vieux carton pour boîtes à leur liste de collecte domestique.

Aujourd’hui, vingt ans plus tard, près de 100 % (94 %) des Canadiens peuvent recycler leurs vieilles boîtes de céréales et leurs boîtes à chaussures usagées. Il s’agit d’une réussite remarquable dont l’industrie a raison d’être fière.

Le CEEPC veut interdire l’enfouissement des vieux cartons

À l’échelle nationale, le taux de récupération des vieilles boîtes de carton ondulé en vue du recyclage est estimé à 85 p. cent et au moins un programme de récupération domestique provincial atteint un taux de 98 p. cent. Cela signifie cependant qu’il y a encore des caisses en carton ondulé qui sont envoyées au dépotoir au Canada et aux États-Unis.

Au CEEPC, nous pensons que ça ne devrait plus se produire et nous appelons les provinces canadiennes à interdire l’enfouissement du carton ondulé en interdisant l’élimination ou en exigeant des redevances d’enfouissement, ou un mélange des deux politiques. La Nouvelle-Écosse et l’île du Prince-Édouard interdisent déjà cette pratique et le Québec tandis que l’Ontario et le Manitoba songent à en faire autant.

Les interdictions réduiraient les émissions de méthane et de dioxyde de carbone des sites d’enfouissement, augmenteraient le réacheminement des déchets, prolongeraient la durée de vie des sites d’enfouissement, créeraient des emplois, réduiraient la nécessité pour les usines d’emballage d’importer des boîtes usagées des États-Unis et constitueraient une preuve de leadership provincial en matière de changements climatiques.

Le CEEPC a publié blogue à ce sujet et a préparé un résumé d’une page sur sa proposition « gagnant-gagnant » au gouvernement de l’Ontario, accompagné d’un rapport sur les avantages et les inconvénients de diverses options stratégiques, des leçons tirées d’autres administrations et de quelques suggestions sur la façon dont les interdictions ou les redevances pourraient être mises en œuvre en Ontario. Ce n’est pas la première fois que le CEEPC soulève cette question (voir le communiqué de presse de juin 2012).

Où vont les vieux emballages?

La plupart sont recyclés!

  • On en fait de nouvelles caisses.
    Une caisse en carton ondul Une é peut être fabriquée à partir d’un mélange de vieux cartons ondulés, de déchets de carton ondulé, de papier d’impression et d’écriture, de vieux cartons (boîtes) et même de copeaux, de rognures et de sciure de bois provenant des opérations d’abattage des arbres et de sciage. Le contenu moyen en matières recyclées était de 83 % en 2016. Voir le communiqué de presse du 11 mai 2017 ainsi que le document d’information intitulé Comprendre le contenu recyclé. .
  • On en fait de nouveaux cartons..
    Une boîte de carto typique contient un mélange de vieilles caisses en carton ondulé, de vieux journaux, de rognures de carton-boîte, de vieux papier d’imprimante, de déchets de bureau et d’imprimerie et même de vieux carton pour boîtes. Le contenu moyen en matières recyclées était de 73 % en 2016. Voir le communiqué de presse du 11 mai 2017 ainsi que le document d’information intitulé Comprendre le contenu recyclé. .
  • On les transforme en nouveaux sacs de papier.
    Les sacs et sachets en papier sont principalement fabriqués à partir de résidus de scierie (copeaux, rognures ou sciure de bois provenant des opérations d’exploitation forestière). La plupart des sacs usagés sont recyclés pour en faire de nouvelles caisses en carton ondulé. En 2012, une usine canadienne utilisait de vieilles boîtes de carton ondulé pour fabriquer de nouveaux sacs en papier, mais elle a maintenant fermé ses portes. Le contenu moyen en matières recyclées en 2014 était de 32 %.
  • Ils servent aussi à fabriquer d’autres choses!
    Les vieux emballages en papier sont également utilisés pour fabriquer du carton de construction et des matériaux isolants, du papier d’impression et d’écriture, ainsi que du papier de soie et des serviettes.

Le papier et le carton usagés sont à la fois importés et exportés

Les usines canadiennes d’emballage sont très dépendantes d’un approvisionnement régulier en papier et en carton usagés. Pourquoi? Parce que la plupart d’entre elles produisent du matériel dont le contenu est 100 % recyclé, fabriqué à partir de vieilles caisses de carton ondulé et d’autres fibres de papier qui ont été recueillies auprès des usines, des supermarchés, des immeubles de bureaux et des foyers canadiens.

Pendant de nombreuses années, les usines d’emballage n’ont pas pu se procurer suffisamment de papier et de carton usagés au Canada et ont dû en importer des États-Unis pour assurer le fonctionnement de leurs usines. Des importations sont encore nécessaires, mais, le Canada a exporté ailleurs ces dernières années plus de vieilles boîtes de carton ondulé à des fins de recyclage qu’il n’en a importé pour les recycler ici.

En 2012, par exemple, le Canada a importé plus de 200 000 tonnes de caisses de carton ondulé usagées, principalement des États-Unis, tout en exportant plus de 800 000 tonnes du même matériau (60 % aux États-Unis et 40 % en Asie pour y être recyclé). Le commerce des caisses usagées est un commerce régional et international qui reflète l’offre et la demande, le prix, la qualité et la distance de fret.

L’industrie est en bonne voie de résoudre le problème des caisses cirées

Bien que le nombre de caisses en carton ondulé traitées avec de la cire soit relativement faible (environ 3 % de tout le carton ondulé qui est produit), celles-ci constituent depuis longtemps un « problème » du point de vue du recyclage. Cependant, cette époque pourrait être bientôt révolue.

Traditionnellement, les revêtements cirés sont utilisés comme une barrière contre l’humidité pour préserver la solidité des caisses de carton ondulé qui contiennent des produits mouillés ou conservés dans la glace, comme les fruits et légumes frais, la viande, la volaille, les poissons et les fruits de mer. Le problème, c’est que les caisses cirées sont difficiles à recycler avec le reste du carton ondulé. Les usines de recyclage ne peuvent pas les utiliser et les détaillants n’aiment pas les envoyer au dépotoir. De plus, parce que les jeunes employés qui travaillent dans les arrière-boutiques des magasins ont de la difficulté à distinguer les deux types de carton, beaucoup de « bonnes caisses » se retrouvent elles aussi au site d’enfouissement.

Dans les années 1990, le CEEPC faisait partie d’une alliance de l’industrie nord-américaine qui a eu l’idée de rendre identifiables les caisses cirées pour qu’il soit plus facile de les mettre à part des autres. Nous avons suggéré que le mot cire en français, en anglais et en espagnol soit imprimé sur les rabats des caisses. Malheureusement, cette idée n’a pas connu de suite, principalement parce que certains fabricants de caisses avaient l’impression que le fait de souligner que leurs caisses étaient cirées aurait un effet négatif et que celles-ci pourraient être choisies pour cibles. Au même moment, le lobby des caisses de plastique réutilisables exploitait l’image du carton ondulé ciré envoyé au dépotoir comme point d’entrée pour obtenir une part de marché au détriment du système traditionnel de caisses de carton ondulé. Par ailleurs, certains fabricants de revêtements faisaient le tour des usines de recyclage et de fabrication de carton ondulé en affirmant qu’ils avaient mis au point de nouveaux revêtements recyclables.

Pour savoir à quoi s’en tenir sur la question, la Fibre Box Association, qui est basée aux États-Unis, de concert avec la Corrugated Packaging Alliance, a élaboré un protocole fondé sur des données scientifiques devant être suivi par les fabricants s’ils veulent être en mesure d’affirmer aux usines de toute l’Amérique du Nord que leurs revêtements sont recyclables. Les produits qui répondent à ces exigences sont certifiés et leurs fabricants sont autorisés à utiliser le logo des substituts de cire.

Le recours à de revêtements de rechange pour remplacer la cire a beaucoup progressé au cours des dernières années et, pour la première fois ce mois-ci, les ventes des caisses traitées avec des revêtements recyclables ont surpassé celles des caisses cirées traditionnelles. Près de 50 différents revêtements de substitution à la cire sont maintenant certifiés recyclables. Il s’agit d’un progrès considérable et d’une grande réussite pour l’industrie.