Réduction de l’empreinte environnementale

L’emballage de carton ondulé canadien présente plusieurs avantages environnementaux. Les matières renouvelables qu’il contient sont gérées de façon durable. Le carton ondulé se compose en grande partie de matières recyclées et, à de rares exceptions près, il est entièrement recyclable et compostable. Enfin, la conception novatrice des emballages contribue à réduire leur empreinte environnementale.

Quand moins est synonyme de mieux

Il peut paraître singulier que le secteur veille activement à la réduction du poids des emballages. Dans les faits, utiliser le moins de matière possible s’avère un avantage comparatif. Les plans d’action des grands fabricants de marques nationales pour réduire l’emballage s’inspirent le plus souvent des pratiques qui ont cours dans les usines de transformation. Le souci qu’a le secteur de l’emballage de papier et de carton de conserver sa clientèle ou de séduire celle d’un concurrent stimule l’innovation.

Pour réduire la quantité d’emballage, on peut éliminer des couches de papier, mettre au point un carton à haut rendement, résistant mais léger, diminuer la taille des rabats et limiter l’espace vide entre le produit et l’emballage. Si minimes qu’elles puissent sembler, ces améliorations ont un effet multiplicateur. Par exemple, l’élimination du vide entre le produit et l’emballage réduit automatiquement la taille de la boîte et la quantité de carton nécessaire à sa fabrication. Voilà qui est bon pour l’environnement… et pour le portefeuille des fabricants d’emballages et de leur clientèle. Ces mesures améliorent la capacité de chargement, optimisent l’efficience du transport et réduisent le nombre de livraisons nécessaires. Il en découle une réduction de la consommation d’énergie et des émissions de CO2. Bien entendu, l’emballage doit remplir sa principale fonction de protection et de résistance : le produit doit arriver intact à destination.

L’optimisation et l’innovation se succèdent à un rythme si rapide, qu’il serait vain de faire état d’avancées particulières. Les exemples qui suivent ont eu des retombées sur l’ensemble du secteur de l’emballage.

La conception, c’est l’affaire des fabricants!

Dans les années 1990, les entreprises ferroviaires du Canada recevaient des demandes d’indemnité pour les marchandises endommagées durant le transport. Pour contrer ces demandes, elles ont imposé certaines normes visant à accroître la résistance de tous les emballages de carton ondulé expédiés par train et ont forcé le secteur du carton ondulé à augmenter exagérément la quantité de carton employé dans la conception des emballages.

Le Conseil canadien de l’environnement des emballages de papier et de carton (CEEPC), au fait des récentes percées technologiques du secteur, a proposé l’emploi d’un carton à haut rendement : il est plus léger, mais aussi résistant que les matériaux standards. Le CEEPC a donc contribué à faire modifier les normes régissant le carton ondulé. Même avec une réduction de 5 à 10 % de la quantité de carton, les emballages assurent une protection optimale du contenu. Ces nouvelles normes envoient aux entreprises ferroviaires le message suivant : « Laissez aux fabricants d’emballages le soin de concevoir les emballages ». Les entreprises ferroviaires ont soutenu l’initiative du CEEPC, donnant ainsi lieu à des économies potentielles de 100 000 tonnes de carton par année, soit la production annuelle d’une usine

Le rendement avant tout

Grâce à ses interventions auprès des autorités provinciales, le CEEPC a convaincu la Régie des alcools de l’Ontario (LCBO) de modifier ses règles d’expédition pour les boîtes de carton de vin et d’alcool. Pendant longtemps, la LCBO recourait à l’essai d’éclatement de Mullen pour déceler les risques de défaillance ou de bris des emballages en carton. Cela forçait les fabricants d’emballages à utiliser des fibres de bois en tout ou en partie dans leur recette. L’apport en fibres de carton recyclé s’en trouvait réduit, contrairement aux usages canadiens et mondiaux.

Le CEEPC a donc réuni un comité technique, qui a réalisé des essais en laboratoire où divers types d’emballages étaient soumis à des épreuves de vibration, de chute et de frappe afin d’évaluer leur résistance. Une vidéo de quatre minutes (Shake, Rattle and Drop) a été réalisée et présentée à la LCBO. Après des tests plus poussés, il a été conclu que l’essai de Mullen n’était pas un indicateur fiable du rendement réel de l’emballage et que la composition en matières vierges ou recyclées n’y faisait rien. L’étude a également démontré que tout essai visant à mesurer le rendement ne devait pas se limiter à la seule couche extérieure, mais porter sur tous les éléments de l’emballage, y compris les cloisons et les contenants intérieurs.

En janvier 2013, la LCBO a consenti à l’emploi de la méthode d’essai recommandée par le CEEPC, l’essai de résistance des bords à l’écrasement. Cette décision allait permettre l’utilisation de fibre recyclée, à la condition que l’emballage offre le rendement escompté (voir le communiqué de presse « PPEC successful in persuading the LCBO to change its shipping rules », en anglais seulement).

Le Canada, champion des « poids légers »

Au fil des années, les usines canadiennes ont vu à l’allègement de leurs produits d’emballage en carton. Récemment, l’usine de papier journal d’Atlantic Packaging de Whitby, en Ontario, s’est convertie à la production de carton doublure 100 % recyclé de faible grammage. Ce carton léger a des propriétés de résistance hors pair, tout comme celui produit de l’autre côté de la frontière, à Niagara Falls, dans l’État de New York, par Greenpac Mill [URL]1, qui présente des caractéristiques similaires.

Le réemploi est-il aussi écologique et sécuritaire qu’on le croit?

Le réemploi des emballages semble parfois le choix le plus écologique. Certaines entreprises, par exemple, utilisent des caisses de carton ondulé consignées pour transporter leurs marchandises de l’entrepôt au magasin et vice-versa. Pourquoi acheter de nouvelles caisses quand elles peuvent encore servir? N’est-il pas préférable de les user au maximum avant de les mettre au recyclage?

Les caisses consignées sont largement utilisées pour les déménagements. Très pratiques, elles sont offertes en plusieurs formats. Il est souvent possible de retourner celles qui n’ont pas servi à l’entreprise de déménagement ou de location, pour usage subséquent.

La réutilisation n’est pas toujours la solution la plus écologique. Les systèmes de consigne exigent beaucoup d’énergie et de ressources non renouvelables, des combustibles fossiles notamment. Le nettoyage de contenants réutilisables exige de grandes quantités d’eau et de produits chimiques, sans compter que les aller-retour génèrent des émissions et des déchets. L’industrie des plastiques l’a d’ailleurs reconnu : « L’emballage léger a des effets moindres sur l’environnement. »

Le réemploi a soulevé de sérieuses préoccupations en matière de santé, particulièrement dans le secteur de l’alimentation. À ce titre, l’Université de Guelph a récemment mené une étude sur les caisses en plastique réutilisables, utilisées pour le transport des fruits et légumes frais au Canada. L’auteur de l’étude, le Dr Keith Warriner, coresponsable du programme de sécurité alimentaire et d’assurance qualité de l’Université de Guelph, affirme que ces caisses présentent d’importants risques de contamination microbiologique. « Les agents anthropopathogènes tels que la salmonelle, les norovirus et Cyclospora pourraient être transférés aux produits frais, prévient-il. Les agents pathogènes des plantes pourraient également être transférés, entraînant une détérioration prématurée. » Selon lui, le transport d’aliments dans des caisses en plastique réutilisables peut mener à la catastrophe. Voir à ce sujet le blogue « La salubrité des aliments est un gros enjeu pour les producteurs, les détaillants et les consommateurs », le communiqué de presse « Contenants potentiellement porteurs de salmonelles, de norovirus et de Cyclospora : une nouvelle étude révèle un risque probable de contamination » et le rapport complet du Dr Warriner.

1 Greenpac Mill, LLC, est une coentreprise de Cascades inc., de la Caisse de dépôt et placement du Québec, de Jamestown Container et de Containerboard Partners.