Les gestionnaires d’emballages devraient être récompensés lorsqu’ils utilisent du contenu recyclé

Le contenu en matières recyclées est au cœur de l’approche axée sur l’économie circulaire que l’Ontario et d’autres provinces disent vouloir adopter. Elle permet aux matières premières de circuler plus longtemps dans l’économie, réduit la pression pour extraire davantage de matières vierges de la terre et retarde leur élimination éventuelle en tant que déchets. C’est une chose que les gouvernements disent vouloir encourager et pour laquelle les gestionnaires de produits et d’emballages de papier et de carton devraient être récompensés.

L’industrie canadienne des emballages de papier et de carton a dépensé des millions de dollars au fil des ans en investissements dans de l’équipement de nettoyage et de tri afin de pouvoir réutiliser et recycler le papier récupéré. Les usines du sud de l’Ontario ont tracé la voie en Amérique du Nord en recyclant le vieux carton pour boîtes dès les années 1990. Aujourd’hui, quelque 94 % des Canadiens peuvent recycler le carton et la plupart des caisses en carton ondulé et du carton pour boîtes faits en Ontario sont continuellement fabriqués à partir de contenu recyclé à 100 %, ce qui constitue en soi une réussite circulaire.

Le secteur des emballages de papier et de carton ne reçoit aucune reconnaissance pour ces efforts même s’il est en concurrence sur le marché avec des emballages principalement faits de matières vierges. Nous avons suggéré que la province uniformise les règles du jeu en établissant un objectif de 40 % de contenu en matières recyclées en moyenne pour tous les emballages vendus en Ontario d’ici 2020, et de 70 % en moyenne d’ici 10 ans. Cela mettrait l’Ontario sur la voie de l’économie circulaire qu’elle dit vouloir suivre en plus d’établir des règles du jeu plus équitables entre les différentes matières.

Une solution de rechange à une réglementation provinciale serait d’offrir un crédit lié au contenu en matières recyclées dans le cadre de la formule de financement des boîtes bleues. Il ne s’agit pas d’une idée nouvelle; l’organisme de responsabilité des producteurs du Québec, Éco Entreprises Québec, offre déjà un tel crédit. Alors qu’Intendance Ontario évoque l’idée d’un crédit lié au contenu en matières recyclées dans l’ébauche du nouveau plan sur les boîtes bleues sur lequel elle travaille actuellement, son soutien semble plutôt tiède.

C’est parce que certains gestionnaires de l’Ontario s’y sont opposés par le passé. Voici trois objections historiques et nos réponses à ces objections.

  1. L’évaluation du contenu en matières recyclées constitue un fardeau administratif et coûte cher à suivre et à déclarer.

Selon nous, cette objection est très exagérée. En ce qui concerne les produits de papier, nous avons des certificateurs indépendants et des certifications de traçabilité pour déterminer leur origine, qu’ils proviennent de sources vierges ou recyclées, ou d’une combinaison des deux. La certification de traçabilité est une mesure environnementale appuyée par le Forum mondial sur les biens de consommation, dont sont membres la plupart des grandes marques et les principaux détaillants du Canada.

L’obligation pour les fournisseurs de prouver qu’ils ont une certification de traçabilité acceptée à l’échelle internationale semble réduire le fardeau administratif des gestionnaires en plus d’offrir une bonne impulsion de départ à l’économie circulaire. Cela obligerait également d’autres matières à élaborer des programmes de certification de traçabilité, si elles ne l’ont pas déjà fait.

Les gestionnaires pourraient également utiliser des moyennes de l’industrie certifiées de manière indépendante. Le CEEPC suit l’utilisation du contenu recyclé par ses membres depuis plus de 25 ans et il est tout à fait disposé à ouvrir ses livres à un examen confidentiel par un tiers. Une échelle mobile de l’utilisation du contenu recyclé récompenserait beaucoup plus de gestionnaires et serait probablement plus facile à vendre et à administrer. Par ailleurs, le nouvel organisme mis sur pied en Ontario pour favoriser l’économie circulaire (l’Office de la productivité et de la récupération des ressources) ne fera-t-il pas ce suivi de toute façon?

  1. Les fonds servant à accorder des crédits aux gestionnaires qui utilisent du contenu en matières recyclées doivent provenir d’autres gestionnaires (c’est-à-dire qu’il s’agit d’une substitution croisée).

Eh bien oui, c’est le cas. C’est pour ça qu’on le fait, pour encourager d’autres gestionnaires à mieux s’engager dans l’économie circulaire, pour réduire le fardeau environnemental global du panier de biens que constitue la boîte bleue, dans l’intérêt commun. Il s’agit exactement du même principe qui est censé s’appliquer aux matières qui sont recyclées grâce aux boîtes bleues par rapport à celles qui ne le sont pas. Ça revient donc à récompenser le comportement que l’on privilégie.

  1. La réglementation fédérale limite l’usage des matières recyclées dans les emballages qui entrent en contact avec les aliments. Si l’utilisation de matières recyclées devenait une exigence, ce serait injuste pour ces gestionnaires.

Premièrement, la réglementation fédérale sur les emballages aptes au contact alimentaire s’applique à toutes les matières en toute neutralité. Deuxièmement, le contenu en matières recyclées n’est pas exclu. La salubrité des aliments est l’enjeu principal et il incombe au propriétaire de la marque de garantir cette salubrité, que ce soit au moyen d’attestations de non-objection ou d’approbations de la FDA. Ce qui importe, c’est le contact direct ou indirect de la matière avec les aliments et l’élément de risque pour les humains.

Est-il injuste de cibler les gestionnaires « alimentaires »? Non. Ils choisissent de produire des aliments, et la livraison d’aliments salubres en fait partie. Tout comme les fabricants de machines à laver ou de fours à micro-ondes sont « forcés » de livrer leurs appareils des gros emballages ou les parfumeurs d’avoir recours à des emballages distinctifs au design raffiné. Ils ont tous choisi de leur plein gré leur secteur d’activité. C’est le jeu qu’ils ont choisi de jouer. La question de savoir s’ils peuvent utiliser du contenu recyclé ou non dans leurs emballages de livraison fait partie de ce choix.

En somme, le fait de récompenser ceux qui utilisent du contenu recyclé est une bonne façon, équitable et efficace, de mettre en œuvre une économie circulaire et d’uniformiser les règles du jeu entre les intervenants « circulaires » et « non circulaires ». N’est-ce pas ce que nous sommes censés faire?

Le papier et les matières organiques représentent près de 70 % des matières récupérées au Canada

Les efforts de réacheminement des déchets au Canada continuent d’être dominés par le recyclage du papier; selon les données les plus récentes de Statistique Canada, ce dernier représentait près de 40 % des matières récupérées en 2014. Les matières organiques venaient au second rang avec 30 %. Les autres catégories importantes, par unité de poids, étaient le métal et les matériaux de construction, de rénovation et de démolition.

Le plus gros changement depuis 2002 a été la forte augmentation du nombre de tonnes de matières organiques récupérées (hausse de 41 %) depuis que les provinces et les municipalités se préoccupent de détourner les restes de nourriture des dépotoirs. Si le matériel électronique ne représente qu’une petite partie de tout ce qui est récupéré (1 % du poids), celui-ci a connu, de loin, la plus impressionnante augmentation de tonnes récupérées pendant la même période (hausse de 634 %).

Dans notre prochain blogue, nous nous intéressons de plus près à la catégorie de récupération numéro un (le papier). Pour plus de renseignements, voir les autres articles de cette série : Les Prince-Édouardiens et les Britanno-Colombiens sont les meilleurs recycleurs du Canada (23 mai); Le Canada ne réachemine que 27 % de ses déchets (27 avril); et Les Canadiens jettent plus de déchets qu’avant, mais ils en jettent quand même moins! (19 avril)

 

 

Le taux de récupération des boîtes bleues diminue en Ontario, mais celui du papier se maintient

Ontario Blue Box Recovery Rates (draft) - boîtes bleues

Le taux de récupération domestique des boîtes bleues de l’Ontario a atteint son niveau le plus bas depuis 2005. Ce taux, qui sera confirmé par Intendance Ontario en décembre, aurait atteint 62,4 % en 2016, ce qui représente une baisse de 2 % par rapport à l’année précédente. Cela rendra plutôt intéressante la récente « demande » du ministre de l’Environnement et de l’Action en matière de changement climatique de l’Ontario voulant qu’on atteigne avec les boîtes bleues un taux de récupération de 75 %.

Le papier sous différentes formes constitue à l’heure actuelle autour de 75 % de ce qui est récupéré, comme c’était déjà le cas en 2003. Le papier imprimé (journaux, magazines et catalogues, annuaires téléphoniques et papier d’impression et d’écriture) affiche le taux de récupération le plus élevé (81 %), suivi par les emballages de verre (70 %), de papier et de carton (67 %) et d’acier (63 %).

Les emballages de papier et de carton représentent le seul groupe de matières dont le taux de récupération s’est maintenu ou amélioré dans chaque catégorie (hausse de 9 % dans le cas du carton pour boîtes), et les caisses en carton ondulé restent les championnes toutes catégories avec un taux de récupération incroyable de 98 %.

Le taux de récupération du verre a connu une baisse importante depuis 2015, mais les retardataires des boîtes bleues demeurent les emballages d’aluminium et de plastique avec des taux de récupération respectifs de 38 % et 29 %. La récupération des emballages de plastique a diminué dans presque toutes les catégories et représente maintenant 43 % de ce qui est mis au rebut (par unité de poids). C’est aussi de loin la matière la plus coûteuse à récupérer (le coût net de récupération de la pellicule de plastique, par exemple, s’établit à 2646 $ la tonne).

Voilà, c’étaient les dernières données (provisoires) pour 2016, comparées à celles de 2015 et de 2003.

les dernières données (provisoires) pour 2016, comparées à celles de 2015 et de 2003.

Le recyclage du papier est important, mais inégal d’un océan à l’autre

Les efforts de réacheminement des déchets au Canada continuent d’être dominés par le recyclage du papier. Selon les données les plus récentes de Statistique Canada, ce dernier représentait près de 40 % des matières récupérées en 2014.

Cependant, la récupération domestique et commerciale (usines, supermarchés et bureaux) des boîtes, journaux, papier d’impression et papier d’écriture varie énormément, de 142 kg par personne au Québec à 27 kg par personne au Yukon, dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut. En 2014, le Canadien moyen n’a mis au recyclage que 101 kg de papier (l’équivalent de quatre grosses valises).

Il est vrai que tous les tous Canadiens n’utilisent pas la même quantité de papier dans leur vie quotidienne. Par exemple, plusieurs grands journaux sont publiés dans la région de Toronto, mais ce n’est pas le cas dans toutes les villes du pays. Par ailleurs, l’accès au recyclage ainsi que les conditions climatiques et géographiques ont un effet important sur la quantité de papier récupérée dans chaque province. Les petites communautés éloignées des usines de recyclage sont nettement désavantagées de ce point de vue. Il faut aussi reconnaître que la récupération dans les grands immeubles d’habitation représente un défi, même si on s’explique mal pourquoi l’Ontario se retrouve aussi loin derrière le Québec dans des conditions démographiques similaires.

Ces données n’indiquent pas non plus combien de papier pourrait être récupéré. Nous ne pouvons donc pas réellement savoir comment les Canadiens et chacune des provinces s’en tirent en matière de récupération du papier. Nous savons par contre que des quantités importantes échappent aux enquêtes de Statistique Canada, particulièrement en ce qui concerne les paquets de vieilles boîtes de carton ondulé aplaties qui sont récupérés dans les arrière-boutiques des supermarchés et des usines et envoyées directement aux usines de recyclage.

En tenant compte de toutes ces variables géographiques et démographiques et des incertitudes sur les données disponibles, il pourrait être raisonnable de s’attendre à ce que les habitants de toutes les provinces recyclent autant de papier que ceux du Québec (142 kg) et de la Colombie-Britannique (135 kg). Même si ces niveaux étaient atteints, nous estimons qu’il resterait encore 1,4 million de tonnes de papier à récupérer. Ainsi, le taux global de détournement des déchets augmenterait de 4 p. cent. Que dites-vous de ça? Une moyenne nationale de seulement quatre lourdes valises de papier récupéré par année, c’est assez insignifiant comme effort, non? Il est temps d’agir et de bannir le papier des sites d’enfouissement! Nous voulons de récupérer!

Meilleurs récupérateurs de papier au Canada (2014)

le recyclage du papier au Canada

Pour plus de renseignements, voir les autres articles de cette série : Les Prince-Édouardiens et les Britanno-Colombiens sont les meilleurs recycleurs du Canada (23 mai); Le Canada ne réachemine que 27 % de ses déchets (27 avril); et Les Canadiens jettent plus de déchets qu’avant, mais ils en jettent quand même moins! (19 avril).

Les cibles de l’économie circulaire doivent tenir compte du contenu en matières recyclées

Le ministère ontarien de l’Environnement et de l’Action en matière de changement climatique (MEACC) se penche actuellement sur ce qu’il appelle les objectifs spécifiques de « gestion » des matières recueillies dans les boîtes bleues, comme le papier, le plastique, le verre, l’acier et l’aluminium. Le ministère a déjà indiqué qu’il souhaite voir le taux collectif de récupération des boîtes bleues atteindre 75 %, alors que le taux actuel est de 64 %.

Avant d’examiner en détail les cibles précises pour les différentes matières, nous devons nous préoccuper d’un enjeu important qui concerne directement l’économie circulaire à laquelle le ministre et la province disent vouloir se rallier, c’est-à-dire la question du contenu en matières recyclées. L’utilisation de contenu recyclé permet de faire circuler les matières en boucle aussi longtemps que possible.

La majeure partie des boîtes de carton ondulé et du carton pour boîtes fabriqué en Ontario, par exemple, est déjà faite à 100 % de matières recyclées, à partir de boîtes et de papier recueilli après usage dans les usines, les supermarchés, les bureaux et les hôpitaux, ainsi que dans les boîtes bleues et les centres de recyclage. L’industrie ontarienne des emballages de papier et de carton a franchi cette étape importante après avoir investi pendant de nombreuses années des millions de dollars en nouveaux équipements de nettoyage et de classement. En effet, les usines du sud de l’Ontario ont tracé la voie en Amérique du Nord en intégrant le vieux carton issu de la collecte domestique à leurs pâtes de carton recyclé dès les années 1990. Aujourd’hui, quelque 94 % des Canadiens peuvent recycler le carton.

Le Conseil de l’environnement des emballages de papier et de carton (CEEPC) a suivi et largement fait connaître au public les progrès de l’industrie vers une économie plus circulaire. Cependant, ses membres se retrouvent en concurrence sur le marché avec des matériaux vierges qui ont fait très peu de progrès vers l’augmentation des matières recyclées ou la « circularité ».

Le secteur du plastique, par exemple, ne publie pas de données sur le contenu moyen en matières recyclées à notre connaissance et le taux de réacheminement global des matières plastiques dans les boîtes bleues est franchement faible (32 %). Le pourcentage de réacheminement de la pellicule de plastique est passé de 6 % à 12 % au cours des 13 dernières années, et celui du polystyrène de 3 % à 6 % pendant la même période.

Pour faire en sorte que les règles du jeu soient justes entre les différentes matières, nous avons besoin de politiques publiques qui encouragent une plus grande utilisation des matières recyclées ou une certaine reconnaissance des résultats obtenus en ce qui concerne les matières recyclées dans la formule de financement des boîtes bleues et les objectifs de rendement. Nous n’observons rien en ce sens actuellement et les emballages de papier et de carton font encore face à la concurrence grandissante des plastiques vierges moins coûteux. Pourquoi la province n’établirait-elle pas un objectif de 40 % de contenu moyen en matières recyclées pour tous les emballages vendus en Ontario d’ici 2020, et de 70 % d’ici 2027? Cela nous mettrait sur la voie d’une économie plus circulaire en plus de créer des règles du jeu plus équitables.

La grande course préélectorale sur le thème des boîtes bleues

Lorsque l’Ontario a fait paraître il y a six mois la version définitive de sa stratégie sur les déchets, la question du futur financement du populaire programme des boîtes bleues de la province était loin de faire partie des priorités. La détermination des rôles et des responsabilités des municipalités et de l’industrie, sans compter le problème épineux des contrats et des actifs inutilisables, était vue comme tellement compliquée et délicate sur le plan politique que le ministère de l’Environnement et de l’Action en matière de changement climatique se donnait jusqu’en 2023 (ce qui offrait une marge confortable après les prochaines élections provinciales) pour mener à bien sa transition vers la responsabilité individuelle des producteurs et le paiement par l’industrie à  100 %.

programme des boîtes bleuesLe ministère veut maintenant un nouveau plan pour février! Qu’est qui a changé?  La popularité des libéraux au pouvoir a commencé à baisser dans les sondages d’opinion publique et les décideurs de l’industrie et des municipalités ont eu peur non seulement de perdre une belle occasion d’aller de l’avant, mais aussi que l’arrivée en 2018 d’un gouvernement portant d’autres couleurs politiques provoque des retards inévitables et risque d’effriter l’heureux climat de bonne entente qui règne actuellement.

Il faut reconnaître que les décideurs des municipalités et de l’industrie ont tenu des rencontres au cours des derniers mois et concocté un accord, avec la bénédiction silencieuse du personnel du ministère. En juillet, il ont demandé au ministre Glen Murray d’opter pour leur plan de transfert des obligations légales et des responsabilités des municipalités de la collecte et de la gestion des boîtes bleues aux gestionnaires de l’industrie (titulaires de marques et autres intervenants ayant un lien commercial avec la fourniture de papier et d’emballages imprimés en Ontario). Cela se ferait suivant un plan modifié sur les boîtes bleues qui permettrait aux municipalités d’offrir ou non des services de cueillette et de participer à la transformation des matières recyclables recueillies dans les boîtes bleues.

Le nouveau ministre, Chris Ballard, a sauté sur cette offre en août et a demandé au nouvel Office de la productivité et de la récupération des ressources et à Intendance Ontario de préparer une proposition d’amendement au plan sur le programme des boîtes bleues orienté vers la responsabilité des producteurs individuels. Bien entendu, il n’a pas pu résister à l’envie d’ajouter quelques directives au moyen d’un addenda à son approbation.

Le plan amendé devra (et non pas pourrait) « comprendre des moyens de décourager l’utilisation de matières difficiles à recycler et qui ont un faible taux de récupération » (plastiques, tenez-vous-le pour dit), augmenter l’objectif de récupération à 75 % pour les matières fournies par les gestionnaires dans les municipalités où Intendance Ontario se charge de la collecte et la gestion du papier et des emballages imprimés (le taux de récupération dans les boîtes bleues est actuellement de 64 %), et « établir des cibles de gestions spécifiques pour les différentes matières ». Nous ne comprenons pas trop la différence les objectifs de gestion et les objectifs de récupération spécifiques pour les différentes matières, mais on peut supposer que nous le saurons bientôt.

Si tout se passe bien, l’Ontario disposera d’un nouveau plan sur les boîtes bleues en février ou mars, et les libéraux pourront dire pendant leur campagne électorale qu’ils ont (encore) sauvé les boîtes bleues! La politique n’est-elle pas une bonne source de divertissement?

L’« humble boîte de carton » s’améliore!

Nous la connaissons principalement comme la boîte d’expédition en carton ondulé, même si elle vient en toutes sortes de formes, grandeurs et couleurs. Peu importe, la bonne vieille boîte de carton s’améliore.

Humble Brown Box - Environmental Impact

D’après une analyse du cycle de vie (ACV) publié la semaine dernière, la boîte de carton ondulé moyenne aux États-Unis a fait de grands progrès depuis la parution d’une autre AVC menée en 2006 :

  • 35 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre;
  • 29 % de réduction de l’eutrophisation causée par les rejets de nutriments;
  • 23 % de réduction du smog;
  • 21 % de réduction de la quantité d’eau utilisée;
  • 21% de réduction des effets respiratoires.

La dernière ACV (2014) a été menée par le National Council for Air and Stream Improvement (NCASI) pour le compte de la Corrugated Packaging Alliance et elle répond aux normes ISO 14040/14044 pour les études rendues publiques. Cette analyse a aussi bénéficié d’une participation canadienne : Lindita Bushi, de l’Athena Institute, a agi à titre d’examinateur externe.

Les principales raisons de l’importante réduction des émissions de gaz à effet de serre sont l’augmentation des taux de récupération des vieux emballages de carton ondulé, l’augmentation de l’efficacité des systèmes énergétiques dans les usines et une plus grande utilisation de combustibles fossiles à faible incidence sur l’environnement, notamment par le passage de l’huile et du charbon au gaz naturel.

Cliquer ici pour consulter la version sommaire de l’ACV, ou ici pour la version complète de 199 pages (en anglais seulement).

 

La Chine ne veut plus être la poubelle du monde

Comment pourrait-on blâmer les Chinois? Depuis des années, le monde entier envoie toutes sortes de déchets en Chine afin de les faire trier, transformer et réexpédier sous forme de nouveaux produits. La faiblesse des salaires et le laxisme en matière d’environnement ont profité à toutes les parties prenantes de cette opération commerciale (et peut-être même aux travailleurs chinois pour qui un emploi vaut mieux que rien).

L’un des signes précurseurs de changement est apparu en 2013 lorsque la Chine a lancé son « Opération barrière verte » pour limiter les importations de déchets. Des gens sans scrupules expédiaient plus d’ordures que de ressources. Plus récemment, Pékin a lancé le programme « Épée nationale » de lutte contre les activités de contrebande. Puis la semaine dernière, la Chine a causé des remous dans l’industrie mondiale du recyclage en annonçant qu’elle interdira l’importation de certains déchets à partir de la fin de l’année.

« Afin de protéger les intérêts environnementaux de la Chine et la santé de ses citoyens, nous ajustons de toute urgence notre liste d’importation des déchets solides et interdisons l’importation des déchets solides très pollués », peut-on lire dans la notification adressée par la Chine à l’Organisation mondiale du commerce. Même si les déclarations générales de la Chine contiennent peu de détails sur les différents plastiques, papiers mélangés, textiles et autres matières, l’annonce elle-même a eu un fort impact.

L’Institute of Scrap Recycling Industries (ISRI), qui regroupe les acteurs américains du secteur, a qualifié cette nouvelle initiative de potentiellement « dévastatrice » et « catastrophique » pour l’industrie du recyclage aux États-Unis. Le Bureau of International Recycling (BIR), association mondiale de l’industrie du recyclage, a qualifié la nouvelle politique de « grave » et demande un plus long délai avant sa mise en vigueur.

Pour les Canadiens qui participent au commerce international du papier récupéré, le défi réside dans le fait que personne ne sait exactement ce qui sera banni. La Chine parle de « papier non trié » et de « plastiques mélangés. » Si on prend ces expressions au sens littéral, il n’y aura pas d’impact sur la plupart des fibres de papier actuellement exportées en Chine par le Canada. Le consortium Green by Nature, qui traite le contenu des boîtes bleues en Colombie-Britannique, par exemple, trie tout le papier domestique et n’expédie pas de déchets non triés provenant d’une source unique (ou de plusieurs sources) vers la Chine.

Al Metauro : À l’heure actuelle, personne ne sait exactement ce qui sera banni.

« Si ce n’est pas acceptable, affirme Al Metauro, chef de la direction de Cascades Récupération et partenaire du consortium, nous aurons un défi à relever. Ce ne sont pas les fibres domestiques qui poseront problème, mais plutôt la demande pour les vieilles boîtes de carton ondulé. Les usines chinoises comptent sur les importations et elles devront trouver des sources de remplacement pour les fibres domestiques. Par ailleurs, le gouvernement chinois pourrait aussi bannir les importations de vieilles boîtes de carton ondulé en raison de la mauvaise qualité de ce qui lui est envoyé. »

Metauro indique que le bannissement des « plastiques mélangés » aura des répercussions sur les opérateurs d’usines de récupération de matières qui ne font pas le tri du plastique, du verre et du métal recyclables (le flux de contenants). Selon lui, le défi sera plus grand pour les États-Unis, car actuellement de nombreux opérateurs de programmes américains expédient directement vers la Chine des déchets mélangés de la même source. En Colombie-Britannique, en revanche, tous les plastiques résidentiels sont triés et consommés localement.

Les Prince-Édouardiens et les Britanno-Colombiens sont les meilleurs recycleurs du Canada

The people of Prince Edward Island and British Columbia are the “best recyclers” in Canada and “Newfies” and Manitobans the worst, according to PPEC’s analysis of the latest data from Statistics Canada. The average Canadian recycles 255 kilograms of stuff a year, the equivalent of about 11 heavy suitcases.

The data covers the industrial, commercial, and residential waste streams of paper, plastic, glass, metals, textiles, organics (food), electronics, white goods such as fridges and appliances, and construction, renovation and demolition materials like wood, drywall, doors, windows, and wiring. It excludes materials from land clearing and asphalt, concrete, bricks, and clean sand and gravel.

The diversion numbers from landfill and incineration are likely understated because they don’t include beverage recycling in provincial deposit/refund programs or the mostly paper materials that go from a retailer, say, direct to a paper recycling mill, rather than through a waste hauler or local government.

The weight (or tonnes) of waste diverted or recycled by Canadians has increased by 36% since 2002. That’s good, but our diversion efforts as individual Canadians (per capita) are less impressive (20% better over the same period). Several provinces have done very well (Nova Scotia up 44%, Quebec up 38%, and Saskatchewan up 32%). But Manitoba and Alberta are going backwards, and Newfoundland and Labrador remains way at the bottom with the lowest diversion rate per capita in Canada.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

There are explanations for why provincial diversion performance is so uneven. Stay tuned. For background, see our previous blogs in this series: Canadians are dumping more, and less, at the same time! (April 19) and Canada diverting only 27% of its waste (April 27).

 

Mise au point sur la bataille de la livraison des fruits et légumes

Même si la majorité des consommateurs l’ignorent, la livraison des produits de la ferme aux détaillants chez qui ils s’approvisionnent fait actuellement l’objet d’une dure bataille en Amérique du Nord. Dans cette lutte qui n’en finit plus s’affrontent la caisse traditionnelle en carton ondulé sur laquelle le nom du producteur est imprimé en couleurs et la caisse anonyme en plastique réutilisable, c’est-à-dire un système offrant une boîte neuve à chaque fois (ce qui réduit le risque de transmettre aux consommateurs des pathogènes et des bactéries indésirables) et une caisse qu’il faut laver à fond et désinfecter avant de la réutiliser. Dans ce débat économique et environnemental qui oppose le carton et le plastique se mesurent les partisans de la réutilisation et du recyclage.

Certains de ces enjeux ont récemment fait l’objet d’un article du quotidien Globe and Mail qui a eu pour effet d’ajouter à la confusion. Essayons d’y voir plus clair et de rétablir les faits :

  • Selon IFCO (un important fournisseur de caisses de plastique), les études scientifiques qui démontrent que les caisses de plastique réutilisables représentent des risques pour la salubrité des aliments sont « défaillantes » et comportent des « erreurs méthodologiques ».

RÉALITÉ : Plusieurs études indépendantes ont été menées depuis quelques années au Canada et aux États-Unis par des scientifiques réputés du domaine de l’alimentation, notamment par les universités de Guelph, de la Colombie-Britannique, de Californie à Davis et de l’Arkansas. Au moins une étude parmi celles-ci a fait l’objet d’un examen par les pairs et d’une publication dans une revue scientifique. Une étude en laboratoire a démontré la persistance de biofilms après les procédures habituelles de lavage des caisses de plastique et des études sur le terrain ont révélé la présence problématique de quantités totales élevées de levures et de moisissures aérobiques et d’E. coli sur des caisses qui avaient supposément été lavées. Selon l’article du Globe, les résultats de la dernière étude de l’Université de Guelph sont appuyés par le professeur Lawrence Goodridge, spécialiste des sciences de l’alimentation à l’Université McGill.

RÉALITÉ : IFCO n’a par contre financé aucune recherche indépendante, n’a pas présenté de résultats d’études internes pour examen public, a refusé de fournir des précisions sur les normes qu’elle juge acceptables et n’a répondu aux données des études citées plus haut que par des généralités et des remarques critiques. Si ses caisses sont aussi propres, pourquoi IFCO refuse-t-elle de dire publiquement sur quoi elle se base exactement pour tirer ces conclusions? Et pourquoi les détaillants comme ceux qui font la promotion des caisses de plastique, Loblaw et les agences d’inspection gouvernementales n’insistent-ils pas davantage pour qu’IFCO pour qu’elle dévoile publiquement ses procédures d’essai afin de permettre aux scientifiques du domaine de l’alimentation et aux consommateurs d’être certains que les caisses de plastique respectent des normes acceptables de désinfection?

  • La Reusable Packaging Association (une association américaine de fabricants et d’utilisateurs d’emballages réutilisables) affirme que l’industrie du carton ondulé a financé des essais sur la salubrité des produits de ses concurrents, mais qu’elle ne l’a pas fait pour ses propres produits.

RÉALITÉ : C’est faux. C’est de manière très ouverte que l’industrie du carton ondulé a mandaté des scientifiques indépendants spécialisés dans le domaine de l’alimentation pour mener les études mentionnées ci-dessus. L’industrie aurait souhaité qu’IFCO et des organismes publics participent au financement de projets de recherche conjoints sur les caisses de plastique et de carton ondulé, mais ni l’une ni l’autre n’ont offert leur soutien. L’industrie du carton ondulé a aussi testé ses propres produits. Une étude indépendante sur les caisses de carton indique que la chaleur du processus de fabrication des caisses de carton ondulé tue toutes les bactéries. Dans une autre étude, des tests ont été effectués sur 720 caisses de carton ondulé dans trois États américains et les résultats ont révélé que toutes les caisses avaient atteint des niveaux de désinfection satisfaisants.

  • La porte-parole de Loblaw, Mme Catherine Thomas, a affirmé que « chaque année, en utilisant des caisses de plastique réutilisables, on évite d’envoyer des millions de caisses de carton ondulé ciré dans les sites d’enfouissement ».

RÉALITÉ : C’est faux. Pour commencer, il est nettement exagéré de parler de millions de caisses. Les caisses en carton ondulé paraffiné représentent environ 3 % de l’ensemble de la production de caisses en carton ondulé et peut-être 10 % des caisses utilisées à l’heure actuelle pour la livraison de fruits et légumes frais. La paraffine forme une barrière contre l’humidité permettant, par exemple, d’ajouter de la glace dans les caisses pour conserver la fraîcheur de produits comme le brocoli pendant le transport. L’industrie du papier et du carton a stimulé le développement de solutions de rechange aux traitements à la paraffine et, en réalité, les ventes de ces produits de remplacement surpassent maintenant celles des produits cirés traditionnels. Les produits qui remplacent le carton ciré sont parfaitement retriturables et recyclables dans les usines qui recyclent les emballages partout en Amérique du Nord.

Loblaw et les autres épiciers devraient vérifier ce qui se passe vraiment dans leurs arrière-boutiques. On demande aujourd’hui à de nombreux épiciers de mettre les caisses de carton ondulé ciré à part des autres de façon à pouvoir les envoyer à des fabricants de bûches artificielles ou à des entreprises qui en extraient la paraffine. Évidemment, les magasins qui tirent profit de cette occasion n’envoient pas leurs caisses cirées au dépotoir.